La maison de redressement productif menée par Super-Montebourde fait journée portes ouvertes sur le grand Plan de sauvetage des 8000 emplois menacés par le vilain Philippe Varin, PDG du groupe PSA.
On ne récolte que ce que l’on sème. Depuis le temps que les socialistes qui gèrent mal nos villes et nos régions, et pourtant à grands frais, font de la politique anti-bagnole un must : il y a quelque hypocrisie à voir Montebourg courir à la rescousse du groupe Sochalien, le jour même où Monsieur Ayrault signe l’autorisation à Delanoë de fermer les voies sur berge de Paris (qui appartiennent à l’état) à la circulation pour que les bobos et les vélos puissent aller s’y promener. Les pistes cyclables en dépit du bon sens parce que créées uniquement par haine de l’automobiliste, pour réduire les voies de circulation ; les couloirs de bus élargis qui génèrent danger et complications aussi bien pour les véhicules que pour les piétons ; la disparition progressive des stationnements de surface au profit des vél’lib et autres auto’lib, qui empêchent les livraisons et pourrissent la vie des commerçants et des artisans, tandis qu’aucune place en souterrain n’est créée… tout cela ne contribue pas à faire vendre des automobiles.
Mais ça devrait faire plaisir aux nazécologistes, depuis le temps qu’ils font des pieds et des mains pour casser l’industrie automobile et les centaines de milliers d’emplois qui en dépendent. La bagnole est leur ennemie ultime, le symbole de la bourgeoisie et de l’individualisme. Au royaume du collectivisme, il faut les supprimer, et ne permettre de circuler qu’à la nomenklatura des élus et de leurs zélateurs, comme à Moscou, autrefois. La bagnole polluerait, paraît-il. Qu’importe les progrès qui ont été faits… Elle nous pollue en tout cas bien moins que les discours fétides dont ces gens nous abreuvent à longueur d’année.
A cette folie hystérique s’ajoute la « sécuritomaniaquerie », la paranoïa des adeptes de la vitesse surlimitée et de la répression totale et absurde. Nos radars, responsables de la nouvelle vague d’accidents dus à l’assoupissement, qui occupent si bien les pandores qu’ils n’ont plus le temps de s’occuper des voyous (d’ailleurs c’est dangereux, les expériences récentes le prouvent), sont également responsables d’avoir mis au chômage pour des broutilles cumulées de nombreux automobilistes gros rouleurs, pour qui l’automobile était un instrument de travail. Et qui dit gros rouleur dit aussi gros acheteur de grandes berlines. Or personne ne s’est encore demandé pourquoi il y a moins d’accidents mortels au km parcouru en Allemagne qu’en France alors que de grandes portions d’autoroute n’y sont pas limitées…
Toujours au nom de l’écologisme, le sieur Borloo avait créé un système de bonus-malus au CO2 émis qui favorisait les véhicules bas de gamme. Les constructeurs Français étant très forts dans les voitures moyennes, le report des achats sur les produits d’appel a surtout fait la fortune des Fiat et autres Mazda, ou de la Logan made in Slovénie, et n’a guère profité ni à PSA, ni à Renault-France. Pas fameux pour notre balance commerciale. De plus les groupes Français ont vendu des véhicules moins chers et à plus faible marge, ce qui n’est pas très bon pour les « profits ». Ensuite la prime à la casse a parachevé le travail en faisant anticiper les achats. Une fois fini, plus de prime, plus d’achats !
Enfin, si les grosses Berlines se vendent en Allemagne et pas en France, il faut peut-être y voir le résultat de la politique fiscale sur les entreprises de société. En France, les véhicules de fonction sont taxés au-delà d’une valeur ridicule. En Allemagne il est d’usage que les cadres reçoivent, en élément du salaire, une voiture de fonction qui n’est en général pas un bas de gamme. Ce dispositif tire l’industrie allemande de l’automobile vers le haut. Ni PSA ni Renault n’ayant ce marché intérieur, ils ont beaucoup de mal à convaincre les acheteurs d’outre-Rhin de s’équiper de leurs grosses berlines, les acheteurs allemands, au demeurant, n’ayant pas la triste habitude de dénigrer leur production locale comme le font, hélas, les Français.
Mais s’il n’y avait que ça : notre industrie cumule les handicaps. Monsieur Varin a demandé des baisses de charges, et il a ô combien raison. Or, les mesures proposées par le gouvernement Ayrault pour combler le trou de 33 milliards des « partenaires sociaux » et payer les nouvelles dépenses (retraites à 60 ans de certains travailleurs, SMIC revalorisé), ne vont pas vraiment dans le sens d’une meilleure compétitivité, c’est le moins qu’on puisse dire.
D’ailleurs et pour illustrer mon propos, je me suis livrée à une petite analyse comparative des salaires et du coût du travail en France et en Allemagne, et le résultat est assez édifiant.
Depuis quelques années, l’Allemagne a amélioré son coût du travail tandis que la France l’a laissé grimper. Aujourd’hui ils sont 10 % en dessous de nous, et en prime nous ne travaillons que 35 heures (merci Aubry).
J’ai pris à titre d’exemple le salaire brut moyen Français qui est de l’ordre de 1900 euros mensuels.
Nous avons 58 % de charges sociales (salariales 22 et patronales 36).
Les Allemands ont 32,7% (salariales 16,7 et patronales 16).
Mon salarié à 1900 euros bruts coûte à son entreprise 2584 euros et ne reçoit que 1557 euros avant impôts.
En Allemagne pour un coût de travail 10 % inférieur soit 2349 euros, l’employé reçoit 1770 euros avant impôt.
Il dispose donc de 2556 euros par an de plus que son homologue Français tout en coûtant moins cher à son patron.
Ne me racontez pas que les Allemands sont mal soignés ou ont une plus mauvaise retraite que nous, malgré leur démographie pire que la nôtre.
Le résultat c’est que ce différentiel de salaire paie une petite voiture type 107 à un Allemand en moins de quatre ans, pendant que le salarié Français est en vélo. Voilà comment les Allemands peuvent acheter des voitures tandis que nous coulons notre industrie.
J'aurais pu faire la même étude avec l'Espagne, l'Italie, la Belgique... le résultat aurait été à peu près identique (1773 euros nets pour l'Espagne pour un coût de travail 20% inférieur au nôtre).
C’est quand même grave. Depuis le temps que nous nous acharnons sur tout ce qui marche en France nous sommes en train de nous autodétruire. Nous avons eu la peau de la pharmacie grâce à la sécurité sociale, puis de la métallurgie, de la chimie, au nom de l’écologisme bêlant, les mêmes écoloconnards s’en prennent depuis longtemps à notre groupe pétrolier qui résiste encore contre vents et marées, ils ne vont pas tarder à nous sortir du nucléaire, ensuite il ne restera plus que l’aéronautique, tellement étatisé que nous ne savons même pas si c’est rentable.
Et puis ? On s’éclairera à la bougie et on réinventera le pousse-pousse ?
PARTI LIBERAL DEMOCRATE