Diminuer le coût du travail en reportant une part des charges patronales sur la TVA, voilà une idée qui plaît au Fouquet’s Club et qui pourtant est antiéconomique au dernier degré.
Puisque le but du jeu est d’augmenter la « compétitivité » des produits made in France vis-à-vis de nos concurrents, la grande raison avancée est que cela fera payer une partie de notre état providence aux entreprises étrangères, ces vilains qui osent exporter chez nous au détriment de notre industrie.
Certes, mais nos principaux concurrents sont des européens dont le modèle social est largement aussi avancé que le nôtre, voire meilleur. Nokia en Finlande fait d’excellents téléphones mobiles et parvient à nous les vendre, l’industrie allemande nous vend des automobiles, du gros électroménager et des machines-outils, de même que l’Italie… Est-il raisonnable de leur demander de payer notre protection sociale en sus de la leur ? Ne ferions-nous pas mieux de veiller à cesser le gaspillage et l’absence de gestion de nos « partenaires sociaux » et de leurs syndicats ? Ce serait une substantielle économie qui permettrait un abaissement bien plus important du coût du travail et donnerait de la marge aux entreprises pour augmenter les salaires nets, qui en ont bien besoin.
Après l’Europe de l’ouest, nous sommes concurrencés par les ex pays de l’est, qui eux, ont des coûts de main d’œuvre incomparablement plus bas que les nôtres et une protection sociale moindre. D’accord mais nous entrons là dans le débat de la construction européenne, où des fonctionnaires irresponsables et ne payant pas d’impôts ont choisi l’élargissement irréfléchi avant de renforcer les alliances entre pays de même niveau. Le marché libre, certes, le bâton pour se faire battre, est-ce bien utile ? Et pour pallier à ces différences de coûts, à combien faut-il mettre la TVA ? A 85 % ? Soit une inflation de 65,4% sans augmentations des salaires ? Les Français apprécieront ! De même si l’on veut rattraper les coûts chinois ou indiens, mais franchement, ce ne sont pas nos premiers concurrents sur les produits à valeur ajoutée, sauf pour les produits électroniques que nous avons cessé depuis longtemps de fabriquer en Europe.
Entendons-nous bien : la soi-disant TVA sociale ne fera pas monter les salaires nets d’un centime, car ce serait gommer l’augmentation de compétitivité. C’est donc le pouvoir d’achat des Français qui sera encore grignoté ! Et vous appelez ça « social » ? Tout ça pour financer encore et toujours une sécurité sociale et une Urssaf débordées par des prestations refilées sans contrôle, une inflation médicale due à la quasi-gratuité des médicaments et des médecins si mal payés qu’ils boudent la province hors quelques grosses agglomérations, des hôpitaux qui ne fonctionnent plus, handicapés par les 35 heures et la trop grande utilisation des urgences pour tout et n’importe quoi, un pillage syndical généralisé, et des retraites en faillite, des aides sociales servant mieux les parasites venus de toute la planète que les Français qui cotisent.
Peut-être conviendrait-il d’expliquer au Fouquet’s Club que la baisse généralisée du pouvoir d’achat ne fera pas reporter les achats des Français sur du « made in France » pour quelques piécettes de différence, mais fera stopper les achats tout court, et ne pourra créer que du chômage. Et que l’on ne me dise pas qu’en Allemagne ça marche, parce que d’une part le pouvoir d’achat des Allemands en a pris un coup, même s’ils sont comparativement mieux payés que nous, et qu’ensuite l’Allemagne n’est pas gangrénée comme nous par des administrations sociales bolchéviques. La sécurité sociale, en Allemagne, est bien gérée.
Et puis, le pire des effets pervers : si la TVA sert à calculer les prestations médicales ou de retraite, ce n’est plus ni une assurance, pour la maladie, ni un système d’épargne basé sur le revenu, pour les retraites. L’état reprend la main, et au moment de servir l’ayant-droit, il pourra se permettre de loger tout le monde, sans discernement de ce qu’il aura ou non payé, à la même mauvaise enseigne.
La seule TVA sociale que j’accepterais serait le paiement par la TVA des « allocations familiales » actuellement gaspillées par l’URSSAF. A condition de supprimer l’URSSAF et les Caisses d’allocations familiales et de remplacer toutes les aides à la famille par une aide unique par enfant à charge, sous forme de crédit d’impôt. Ce qui supprime d’office le Quotient Familial, simplifie la déclaration, supprime un nombre conséquent de fonctionnaires, rend le contrôle très facile. François Hollande l’a évoqué, pour aussitôt rajouter que les aides sociales ne seraient données qu’à ceux qui gagnent moins de 11.000 euros annuels, donc ne paient pas d’impôts. Or, ceci est totalement inacceptable. C’est encore une fois frapper les classes moyennes, alourdir iniquement leur impôt alors qu’ils sont les seuls à payer plein pot, et leur supprimer tous leurs droits acquis par le paiement de cotisations bien plus élevées que celles des « bénéficiaires » (puisque ceux qui gagnent moins de 11.000 euros sont exonérés ou partiellement exonérés de charges sociales).
Il faudrait aussi que nos candidats à l’Elysée comprennent que sans les classes moyennes, ce ne sont pas les assistés qui feront tourner l’économie ! Qu’ils aillent demander aux Chinois s’ils n’en sont pas convaincus.
Plût au ciel que nous nous débarrassions en mai 2012 de ces deux guignols : Hollande et Sarkozy, parce que ça commence vraiment à bien faire !…
PARTI LIBERAL DEMOCRATE