Mardi 29 juillet 2008
Une réforme de la sécu plus loin nous en sommes toujours aux mêmes recettes éculées : pas de comptabilité sérieuse, pas de changement dans la gestion, mais toujours plus de cotisations, de taxes, de non--remboursements, de pinaillages inefficaces laissant passer des gabegies monstrueuses : on s'attaque à la paille mais personne ne voit la poutre!

Roselyne a trouvé la solution : taxer les superprofits des mutuelles. On dirait du Ségolène pur jus. C'est aussi navrant! A ce stade elle ferait mieux de laisser les mutuelles remplacer carrément la sécu, ça marcherait mieux et il y aurait moins de gaspillage.

Mais il y a pire : les entreprises aussi seront mises à contribution par une surtaxe de la branche accidents du travail et maladies professionnelle, déjà lourde dans certains secteurs.

Et comme personne ne doit être en reste il faut aussi taxer les salariés en leur piquant la seule chose qui jusque là était préservée : une taxe sur la participation. Bien la peine que notre "libéralissime" parle de travailler plus pour gagner plus et propose la participation pour tous. C'est pour mieux nous plumer. Le vrai slogan devrait être : "travailler plus pour payer plus".

Ajoutons à cette frénésie taxivore la préparation d'une augmentation des cotisations retraite (qui ne touche évidemment pas les régimes spéciaux) : ce sera la cerise empoisonnée sur le gateau à la crème tournée.

La sécu a prévu pour 2009 un déficit de 6,9 milliards d'euros. Evidemment aucune remise en cause de la gestion, aucune réforme de l'hôpital, aucune vélléité de supprimer le CMU et ses monstrueux abus, aucune initiative allant dans le sens de la concurrence entre les caisses (ne parlons pas de laisser le choix de prendre des mutuelles ou des assurances privées), n'est à l'ordre du jour. Nous ne savons même pas ce que la CMU nous coûte, sauf qu'elle a de plus en plus de bénéficiaires (de quoi se réjouir? Ou une preuve que de moins en moins de gens ont les moyens de se soigner par la voie normale? Ou aussi la preuve que radio-trottoir fonctionne très bien et que tous les miséreux de la planète viennent se faire soigner à nos frais et envoient des médicaments à l'oeil au pays?). Pour info nos amis de l'IFRAP estiment à 6 milliards le trou provoqué par cette imbécillité Aubryesque.

Côté retraite même refrain : qu'est ce qu'on attend pour autoriser les fonds de pension? Il faudra 20 ans pour sortir de la répartition? Et alors? Raison de plus pour commencer tout de suite. Un système mixte, ce serait d'ailleurs pas si mal.

Mais je m'égosille pour rien, radio Elysée est en panne et n'entends que le mot taxe. Tu parles d'une politique de rupture!
par Christiane Chavane publié dans : Economie
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Lundi 28 juillet 2008

Michel de Poncins nous gratifie d'une belle analyse sur la fameuse réforme constitutionnelle votée à une fois près grâce à... Jacq Lang. Son article est à peine trop négatif : il y a au moins une bonne chose dans cette réforme, c'est le rôle accru du parlement sur le contrôle des dépenses publiques. Mais quand nous voyons comment se comportent nos députés - soi-disant représentants du peuple - en votant comme des bénis-oui-oui, on se demande à quoi servira ce contrôle et s'ils oseront jamais contredire le gouvernement. Quand un Lionel Lucca vous sort froidement qu'il vote oui à une réforme qui lui déplaît parce que la gauche vote non, j'ai envie d'ajouter "na!". Comme en maternelle. La gauche ne vaut pas mieux qui vote contre comme un seul homme, sauf Lang - qui a présidé la commission et ne peut pas se contredire - et que ses copains d'hémicycle ont envie d'envoyer au bûcher. En revanche d'un côté comme de l'autre, les arguments intelligents, je les attends encore. Je ne sais pas s'ils ont convaincu les Français, mais moi non! Pourtant une nouvelle constitution ne serait pas du luxe.

Voici le texte de Michel de Poncins :

L’INSTABILITE CONSTITUTIONNELLE

Quel que soit l'objectivité et l’indulgence avec laquelle l'on veut juger le récent vote du changement constitutionnel, les mots négatifs manquent pour qualifier l’événement.

La quatrième république était jugée sévèrement pour son instabilité gouvernementale ; la cinquième est frappée du pire, puisque c'est l’instabilité constitutionnelle. Le récent changement, avec 47 articles modifiés, est le 24e et ce n'est pas fini : il nous est annoncé  pour très bientôt, une modification dans le préambule. Imaginer un préambule à une constitution est déjà en soi placer des bombes juridiques ; le fait que Madame Veil joue un rôle dans la future manipulation en préparation de ce préambule n’augure rien de bon.

Le Sarkosisme est semé d'illusionnisme. Ayant tous les pouvoirs  sans  nécessité d’un changement constitutionnel, le Président pouvait et devait faire rapidement la rupture et remettre le pays en ordre. Ne le voulant pas, il agit commme un illusionniste  créant des stratagèmes pour détouner l’attention  des vrais problèmes : à qui fera-t-on croire que le changement constitutionnel puisse  remplir le panier de la ménagère ?

L’instabilité juridique est une cause majeure de la dégradation de l'économie et par voie de conséquence de la diminution du pouvoir d'achat, préoccupation légitime des Français. L’instabilité constitutionnelle est un facteur aggravant puisqu’elle se situe au sommet de l'édifice ; pour information, le nouveau texte ne sera pas applicable en totalité tout de suite : des lois seront nécessaires avec toutes les incertitudes prolongées. 

Dans le nouveau texte, se trouvent un certain nombre de chimères comme par exemple la parité hommes femmes ; cette chimère est particulièrement  redoutable car elle repose sur l’idéologie égalitaire, idéologie très dévastatrice pour l'économie.

Une seule innovation aurait été intéressante, à savoir l’interdiction absolue et généralisée des cumuls de mandats politiques quels qu’ils soient. Elle fut écartée, car qui oserait toucher à la richesse personnelle des élus de tous niveaux ?

Enfin pour couronner la tragi-comédie, notons que le vote fut obtenu à une voix de majorité, ce qui rappelle de tristes souvenirs dont le vote de la mort du roi Louis XVI.

La presse dit benoîtement qu’un progrès démocratique a eu lieu. Or, cette même presse a avoué sans aucune honte ni scrupule la façon dont les voix nécessaires ont été achetées soit dans la douceur, soit dans la brutalité. Les moyens de l’Etat au plus haut niveau ont été utilisés sans scrupule ; la promesse de fonnctions prestigieuses a  été formulée. Dans le livre « la démocratie où le rêve en morceaux », j'ai montré en détail comment les démocraties les plus prétentieuses reposaient sur de l'achat et de la revente de voix : nous y sommes effectivement.

Un grand journal de la fausse droite, dont l’objectif essentiel est la vente des avions, se distingue toujours dans la flagornerie. Il a loué l’adresse et l’hyper activité du sommet en vue de « retourner » les députés et sénateurs récalcitrants : c’était, selon le journal,  du véritable génie. En fait, ces compliments soulignent seulement l’art de manipuler la corruption démocratique.

C’est sans doute cela le fameux « progrès démocratique ».

Michel de Poncins

par Christiane Chavane publié dans : Etat
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Jeudi 24 juillet 2008
20 Universités ont été retenues pour tester la nouvelle réforme :

Les universités sont les suivantes: Aix-Marseille II, Cergy-Pontoise, Clermont-Ferrand I, Corte, Limoges, Lyon I, Marne-la-Vallée, Montpellier I, Mulhouse, Nancy I, Paris V, VI et VII, La Rochelle, Saint-Etienne, Strasbourg I, II et III, Toulouse I et Troyes.

Ces facultés auront une autonomie accrue tant  le recrutement des professeurs et la gestion de leurs ressources. Afin de faire face aux dépenses engagées en remplacement de l'intervention de l'état, 250.000 euros leur sont versés.

D'autre part des fondations privées en partenariat avec des entreprises pourront voir le jour. Deux sont déjà en route à Clermont (Michelin) et Lyon I (Mérieux).

Une réforme dont les libéraux ne peuvent que se réjouir. Les universités seront-elles libres de sélectionner les étudiants? Jusqu'ici l'information ne nous est pas donnée. En tout cas cela va dans le bon sens. Les bonnes nouvelles sont si rares...
par Christiane Chavane publié dans : Education
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Mercredi 16 juillet 2008
Le mariage prévoit l'échange de 22 actions Suez contre 21 actions GDF, et la mise en Bourse de Suez Environnement, le pôle eau et déchets de Suez. Son premier actionnaire sera l'Etat français, avec 35,6% du capital.

Un nouveau géant de 200.000 personnes est né. Une de ces affreuses multinationales tant décriées par les anticapitalistes... et pourtant une multinationale d'état.

C'est bien à un marché de dupes auquel nous assistons. Ceux qui croyaient à une privatisation de GDF vont s'apercevoir qu'il s'agit en fait d'une nationalisation de Suez! L'état ayant la minorité de blocage, tout le reste est littérature.

Pour attirer les capitaux GDF prévoit déjà des versements de dividendes plus que juteux. On peut se demander si le choix du calendrier pour la mise d'actions sur le marché est si judicieux, au moment où toutes les bourses dégringolent... En tout cas nos antilibéraux primaires et viscéraux pourront s'étonner se ce cadeau aux futurs actionnaires. Rien de tel que l'état pour servir des dividendes sans relation aucune avec la valeur des actions et les bénéfices espérés. Besancenot et La Dinde Royale vont-ils oser protester?

Bénéfice il y aura puisque le prix du gaz est curieusement indexé sur celui du pétrole et que de lourdes augmentations sont prévues. Le gouvernement est d'ailleurs en train de plancher sur le tarif réglementé à appliquer. Vous avez dit société privatisée? Sans rire!
par Christiane Chavane publié dans : Economie
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Mercredi 16 juillet 2008
Le 14 juillet 2008 - Une interview fort intéressante de Muhammad Yunus dans Jeune Afrique. Cette semaine. Le Prix Nobel de la Paix 2006, célèbre "banquier des pauvres" et dont le dernier ouvrage s'intitule "Vers un
nouveau capitalisme" (Lattès 2008), offre une analyse d'une grande lucidité et à contre-courant. Quelques extraits:
"En Afrique, les politiques d'aide au développement passent toujours par l'Etat. Pourtant, ce système n'a plus de raison d'être." (...) "Si l'Afrique est en retard, c'est à cause de ses appareils d'Etat, pas de ses populations. La faute en revient à ce que tout passe par les administrations. Aujourd'hui, les classes dirigeantes africaines concentrent tout entre leurs mains, si bien que, si vous n'en faites pas partie, vous n'avez rien. Les Etats devraient au contraire, se cantonner à créer un environnement propice au développement, puis laisser les gens agir. Les Etats africains ne seraient pas confrontés aux problèmes qu'ils connaissent s'ils laissaient à leurs peuples un peu de marge de manœuvre."(...) "Ce qui gêne le plus avec l'informel, c'est la difficulté pour l'Etat de prélever des taxes. Mais pourquoi en a-t-il besoin ? Pour aider les gens ? Faut-il créer un circuit spécifique pour les impôts en espérant que l'argent poncionné soit reversé aux pauvres ? Les impôts ne sont jamais reversés aux pauvres ! Dans un pays aussi aisé que la France, le peu d'argent que les plus démunis parviennent à gagner grâce au micro-crédit, ils doivent le reverser en cotisations sociales, qui peuvent représenter jusqu'à 40 % de leurs revenus. C'est une situation ubuesque : l'Etat prélève de l'argent aux pauvres pour aider les pauvres"!
Et quand on lui pose la question "Certains commencent à douter que l'aide internationale soit un levier de développement, estimant qu'elle n'a fait que renforcer la corruption. Partagez-vous cette analyse ?", le prix Nobel
de la Paix répond : "Je l'approuve complètement".
Jeune Afrique, n° 2478, pp. 60-62.

Il va sans dire que cet ouvrage est fortement conseillé à nos politiciens socialo-gaullistes qui détestent tellement les (autres) riches qu'ils n'ont de cesse d'appauvrir tous ceux qui n'appartiennent pas à leur petit cercle mafieux.

par Christiane Chavane publié dans : témoignages
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Lundi 14 juillet 2008

"Nous avons décidé de lancer le mouvement des semeurs volontaires, afin d'élargir notre action", a déclaré M. Bové lors d'une conférence de presse organisée sur les bords du Rhône.

Actuellement, seules les semences ayant obtenu un certificat sont référencées dans le catalogue des semences et autorisées à la vente. Elles sont généralement fabriquées par des grands groupes, ce que les faucheurs volontaires veulent contrecarrer.

"On va lancer un mouvement d'échanges gratuits et désobéir en plantant dans son champ, dans son potager ou sur son balcon des semences interdites", a indiqué M. Bové en soulignant ne pas savoir à quel type de poursuites son mouvement s'expose. "S'il y a besoin de faucher, nous continuerons de faucher", a-t-il prévenu, rappelant son opposition à la loi OGM."On se bat depuis 11 ans contre les OGM parce qu'ils sont brevetés et qu'à travers ces brevets, les firmes essaient de privatiser le vivant", a-t-il expliqué."Aujourd'hui d'autres firmes s'appuient sur les Certificats d'obtention végétale (COV) pour obliger les paysans et tous les gens qui font du jardinage à racheter tous les ans leurs semences", développe-t-il.

Pour les naïfs qui s'imaginaient que le moustachu du Larzac s'intéressait à la santé publique, j'espère que cette fois ils ont compris qui est José Bové. Son seul combat est le refus du droit de propriété. Il peut se permettre en toute impunité d'aller saccager les champs de ceux qui ne partagent pas son point de vue, au nom d'un principe de précaution qui n'a plus cours lorsque lui décide de planter des graines qui n'ont reçu aucun agrément. Si elles n'ont pas d'agrément c'est que les tests toxicologiques et de risques pour l'environnement ne sont pas disponibles. Mais Monsieur Bové s'en fout, il peut empoisonner la planète... Du moment que les méchantes multinationales qui ont passé des années à rechercher les variétés d'OGM les plus intéressantes et les plus sûres ne gagnent pas d'argent (retour sur investissement, ça s'appelle!).

Il est assez surprenant d'ailleurs d'entendre systématiquement hurler après le fait de devoir racheter des semences tous les ans tout en parlant de prolifération. Comment un germe stérilisé peut il proliférer?

La mauvaise foi de José Bové est tellement énorme qu'on se demande comment il peut y avoir des gens qui l'écoutent.

Gratuitement tu parles! Il trouvera bien le moyen de se sucrer avec sa distribution de semences gratuites et dangereuses.

Lui qui n'accepte pas le droit de propriété, que se passera t-il si un agriculteur en colère d'avoir vu son champ ravagé par ce hors-la-loi et la justice le débouter au nom du principe de précaution, vient à son tour saccager son champ à lui? La justice sera t-elle aussi laxiste avec un vrai agriculteur?

Notre "sous-ministresse" de l'écologie devrait en prendre de la graine (c'est le cas de le dire) : Les OGM autorisés en Europe ne sont pas dangereux, même Monsieur Bové l'admet. Ils sont seulement brevetés. Mais personne n'est obligé de planter des OGM. Par ailleurs et pour autant que je sache, lorsque les céréaliers avaient le droit d'utiliser le Gaucho et le Régent plutôt que de vieux insecticides moins sélectifs, (encore une victoire de Bové, grâce à laquelle les abeilles crèvent encore plus vite), ils devaient aussi acheter tous les ans leurs semences puisque la graine était enrobée dans l'insecticide. Ce n'était pas une obligation non plus. Ils pouvaient aussi laisser leurs plantes se laisser parasiter. Il faut savoir ce que l'on veut.




par Christiane Chavane publié dans : environnement
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Dimanche 13 juillet 2008
Dans l’état actuel des choses, la France ne peut pas se permettre de sortir du nucléaire. Nous ne pouvons pas nous éclairer à la bougie, d’ailleurs question écologie, l’intérêt de la bougie reste à démontrer.

Le spectre de Tchernobyl est dans tous les esprits, et même si la technologie utilisée en Europe de l’Ouest exclut tout accident de type Tchernobyl, le nucléaire demeure une technologie dangereuse. Le jour où nous croirons que le nucléaire est sans risque, nous aurons une catastrophe. Rien n’est plus périlleux que l’assoupissement dû à la routine.

Nous avons des centrales qui ne datent pas d’hier. Raison de plus pour être vigilants. Les deux centrales EPR en construction ne vont pas remplacer du jour au lendemain la trentaine qui vieillit. D’ailleurs il semble que la construction prenne du retard. L’EPR est une nouveauté, mais ce n’est pas une technologie révolutionnaire. La révolution, c’était Superphoenix, qui préfigurait les réacteurs de génération dits à neutrons rapides, plus sûrs, plus économes en uranium, générant moins de déchets. Mais notre écolo nationale, Madame Voynet, n’aimait pas le progrès. Elle a cassé le jouet et nous a fait prendre un retard considérable, retard que nous risquons de payer longtemps. Raison de plus pour que nous prouvions que nous savons gérer le nucléaire sans mettre la population en péril.

Or, des irresponsables laissent passer une fuite sur une cuve de résidus contenant de l’uranium. Non seulement ils savent que la cuve est fissurée et ne réagissent pas mais ils mettent des heures à s’occuper de la fuite. L’autorité de surveillance réagit aussi à retardement. Les évaluations d’uranium lâché dans la nature varient d’un ratio de dix à un à mesure que la journée passe. Pour finir le danger semble réel puisque la centrale est partiellement arrêtée.

J’ai travaillé dans l’industrie chimique, industrie à risques où les précautions sont extrêmement contraignantes , mais ce devrait être de la rigolade par rapport au nucléaire. Il y a eu des industriels de la chimie qui ont cru pouvoir prendre à la légère les consignes relatives à l’environnement et à la sécurité. Au premier accident ils se sont retrouvés derrière les barreaux. Voilà qui calme ! Or, les responsables d’Areva, entreprise d’état, se permettent de faire n’importe quoi. Ils sont contrôlés par l’état, or, que je sache, je n’ai pas entendu parler de mise en examen.

Evidemment, aussi sec, voilà toutes les associations écologistes sur la brèche. Une telle attitude de la part de ceux qui ont la charge d’assurer la sécurité nucléaire est non seulement inqualifiable, mais elle risque de mettre un sérieux coup de frein aux programmes de recherche français. Cela s’appelle prendre le bâton pour se faire battre.

Il n'en reste pas moins que tout cela sent l'improvisation, le manque de conscience professionnelle. J'allais dire le manque de conscience tout court. Comment faire confiance à des gens qui ont un tel comportement?

Nous avons besoin du nucléaire, nous n’avons pas pour autant le droit de faire n’importe quoi. Si nous voulons que les Français acceptent cette technologie, les gérants du nucléaire doivent être irréprochables. Il est indispensable de séparer les pouvoirs, là aussi. Le contrôle doit être indépendant des gestionnaires. Que l’on privatise l’un ou l’autre, et qu’on crée des conditions telles que la corruption ne puisse pas passer !
par Christiane Chavane publié dans : environnement
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Jeudi 10 juillet 2008

Notre Maire de Paris veut des tours!

Il a demandé et obtenu auprès du Conseil de Paris l'autorisation de faire grimper les étages, en construisant des immeubles de grande hauteur dans les zones encore en friche comme celle de Bercy-Poniatowski, pour le XIIe.

Pour cela il faut revoir le plan d'occupation des sols, rebaptisé PLU, que Delanoë lui-même avait revu à la baisse dès le début de son mandat, ce qui d'ailleurs n'est pas étranger à la hausse des prix de l'immobilier, puisque la rareté se paie.

Or Monsieur Delanoë a promis la construction de 40.000 logements HLM. Il faut bien qu'il trouve la place quelque part. Si ce n'est pas au sol, ce sera donc en hauteur.

Il ne compte pas pour autant revoir le PLU dans son ensemble, mais juste obtenir une dérogation pour ses tours. Autrement dit cela ne résoudra pas les tensions sur le marché immobiler. Celui-ci est orienté à la baisse à l'achat essentiellement à cause de la conjoncture économique, mais pas à la location, d'autres raisons comme la surprotection juridique des mauvais locataires, la surréglementation, et l'ISF, détournant les bailleurs de ce type d'investissements.

Il peut s'avérer utile et esthétique de créer des tours de bureau, comme une Défense de l'Est, par exemple, à la condition de proposer des transports en commun sérieux, pas le petit tram-tram prévu sur les Maréchaux et faisant péniblement un parcours haché par les carrefours et découpé en tronçons. A condition qu'il y ait un marché. Monsieur Delanoë ayant poussé les entreprises parisiennes à aller voir ailleurs, j'ai quelques doutes sur le taux d'occupation potentiel de nouvelles tours de bureau... Mais ce n'est pas à moi de le dire, je ne suis pas une spécialiste de l'immobilier d'entreprises, et puis l'offre draine aussi la demande, surtout si elle est de qualité.

En revanche il serait dangereux et stupide de créer des tours de HLM. Nous avons vu ce que donnaient les barres d'immeubles des années 60, trop grandes, trop inhumaines, construites à la va-vite, vieillissant mal et mal entretenues par la faute même des habitants. Les appels d'offres publiques se faisant au moins disant je ne doute pas une seconde que les mêmes erreurs seront commises. Ce serait créer dans Paris même de nouvelles zones de non droit, entraînant des problèmes insolubles d'insécurité. De quoi encore un peu plus pourrir la vie des Parisiens! Mais Delanoë s'en fout : les habitants des HLM lui devront leur logement et représentent une clientèle électorale captive. Tout le reste est littérature. Quant-à l'opposition municipale, elle nous a démontré jusqu'ici qu'elle était tout sauf une opposition.

par Christiane Chavane publié dans : politique parisienne
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Mercredi 9 juillet 2008

ENFIN!

Les parlementaires se décident à enterrer cette loi imbécile, la pire calamité du gouvernement Jospin. Nous aurions préféré qu'ils l'abrogent purement et simplement au lieu de tant tergiverser pour en faire une coquille vide. Mais nous sommes en France, au pays de Descartes, nous aimons défier la logique, sans doute pour nous en venger. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué?

Maintenant que syndicats et patronat ont enfin retrouvé le droit de discuter ensemble sans qu'une mouche du coche ministérielle ne vienne s'en mêler; que des gens qui n'ont jamais mis les pieds dans une entreprise privée ne viennent expliquer ce qui est bon pour l'entreprise et pour le salarié, on va pouvoir travailler.

Reste à payer les salariés en conséquence, puisque la lutte pour le pouvoir d'achat passe avant tout par des salaires nets réalistes (c'est à dire une forte diminution de la ponction publique sur le coût du travail). C'est vrai aussi pour les cadres, car en dehors de la finance ils sont plutôt à la portion congrue.* La France est le seul pays à avoir un "statut cadre" (dont le seul intérêt pour le bénéficiaire est de cotiser à une caisse de retraite moins nulle que les autres et d'avoir une mutuelle santé obligatoire). Cela permet aux entreprises d'avoir des employés corvéables à merci pour lesquels les nombreuses heures supplémentaires ne sont pas payées. Nulle part ailleurs on ne voit des reponsables de services travailler plus de 60 heures par semaine et enchâiner les réunions le vendredi à six heures du soir, sans gagner un centime de plus. Résultat : ils se ruent sur les RTT, puisque c'est leur seule compensation. S'ils ne peuvent plus en profiter, il va bien falloir compenser autrement.

* Nous nous plaignons qu'il n'y ait plus de candidats pour les études scientifiques, nous commençons à manquer d'ingénieurs, mais ils sont payés avec un élastique. Ceux qui le peuvent partent à l'étranger, les autres choisissent de se reconvertir dans la finance, plus lucrative. Mais quand il n'y aura plus personne pour innover et produire, que ferons-nous? Cherchez l'erreur!

par Christiane Chavane publié dans : Economie
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Mardi 8 juillet 2008
Un aller-retour à Vannes pour accompagner mon ado de fils aux Glénans m'a donné l'occasion de faire une petite expérience sur les limitations de vitesse et la consommation. C'est assez étonnant mais correspond bien à ce que je m'efforce d'expliquer depuis des mois aux maniaques de la limitation de vitesse.

Je dispose d'une voiture moderne, moyenne - une renault Mégane - pleine de gadgets électroniques, comme les feux qui s'allument tout seul quand il fait sombre (mais pas dans le brouillard ou sous une pluie intense, il faut alors repasser en mode manuel), un bip qui vous signale méchamment que la ceinture n'est pas bouclée, un autre pour signaler une porte mal fermée etc.

Et surtout un calculateur de bord qui indique la consommation en temps réel et la consommation moyenne sur un trajet donné. C'est bien plus précis que le calepin que l'on tient à jour à chaque plein.

Voilà ce que ça donne :

-De Vannes à la "frontière Bretonne", les autoroutes sont gratuites mais limitées à 110 (ben quoi, faut pas pousser....)! J'ai donc roulé entre 100 et 120 (pointes pour dépasser les camions) :  conso moyenne : 7.1 L/100 km

-Sur la centaine de kilomètres suivants, limitation à 130, je continue entre 120 et 140 : conso moyenne : 6,9 L/100 km

-Jusqu'au Mans et un peu plus, temps de cochon, et obligation d'allumer les codes pour être vue, je ralentis entre 110 et 130 selon l'intensité de la pluie et de la circulation : conso moyenne : 7.3 L/100 km. Ouf! Merci les codes! Dire que de Robien voulait qu'on les garde allumés toute la journée (pour faire rentrer de la TIPP?).

-Après le Mans je fais le plein chez Esso. J'ai l'impression que ma voiture est boostée. Non seulement c'est la pompe la moins chère du secteur (1.59 pour le 95 au lieu de 1.64 pour Total) mais l'essence a l'air de doper mon moteur; elle est plus nerveuse, accélère mieux... Logiquement je devrais donc consommer moins puisque la pression sur l'accélérateur sera moins forte. Mais j'en ai ras le bol de me traîner et je compte sur le GPS pour me signaler les radars fixes. Bon, je ne fais pas de folies. Il ne pleut plus, je passe de 120-140 à 125-145 (peu et juste pour doubler, ne le répétez à personne!) : conso moyenne : 6,9 L/100 km. Incroyable, non? Et pourtant vrai. Comme quoi il y a essence et essence.

Après Rambouillet il y a tellement de bouchons que j'arrête l'expérience.

Une précision : le maximum de consommation n'est pas atteint dans les bouchons, il est atteint en sortie de péage, chaque fois qu'il faut reprendre le rythme et se réinsérer dans le flot. Là il atteint les 20 L.Heureusement que ça ne dure que quelques dixièmes de secondes.

Les radars fixes aussi font consommer. Vous allez me demander le rapport. C'est simple! Une autoroute est rarement plate sauf dans la bien nommée Beauce. En général on accélère dans les descentes afin d'avoir de l'élan dans les côtes et de ne pas appuyer comme un malade sur la pédale d'accélérateur pour maintenir une vitesse acceptable. Ou pire, de rétrograder, ce qui arrive quand un lambin vous coupe la route et l'élan au millieu d'une montée pour doubler un plus lambin que lui! Or, les radars sont systématiquement placés en bas des descentes. C'est logique! En montée vous avez le temps de les voir et de ralentir, en descente vous êtes coincé. Résultat, vous vous freinez dans la descente et vous bouffez de l'essence dans la côte qui suit. C'est arithmétique : les radars et les péages font rentrer de la TIPP. Vous serez puni de toute façon : soit par votre consommation, soit par le PV. Imparable!

En conclusion, la consommation dépend très peu de la vitesse et beaucoup d'autres facteurs, tels que la régularité du trafic, la météo, l'état de la route, et la nervosité du conducteur. Une moyenne de 7 litres, ce n'est pas ce que j'ai fait de mieux, mais hier la route était encombrée de camions et la météo abominable, avec du vent  latéral en prime, ça n'aide pas.

Un mot sur les péages : lorsque les premières autoroutes ont été construites l'état avait mis des péages afin de se rembourser un investissement colossal. Soit. Il était prévu que les autoroutes redeviennent gratuites vers les années 2000. Or, juste avant cette sombre échéance, l'état privatisa les autoroutes. A partir du moment où elles se trouvaient aux mains de sociétés privées à but lucratif le péage ne pouvait donc plus disparaître. Flairant la bonne affaire, j'avais acheté des actions, comme beaucoup de monde. Ainsi il m'était moins pénible de payer puisque j'étais un peu propriétaire des sociétés et touchais des dividendes. Cela n'a pas duré. Quelques mois plus tard je reçus une lettre de ma banque me proposant un rachat à un prix largement supérieur au prix du marché. Sachant que si je refusais, l'état me rembourserait plus tard... au prix du marché. Vous avez compris le tour de passe-passe, pas la peine de faire un dessin.
par Christiane Chavane publié dans : témoignages
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Présentation

Baromètre politique

L'homme politique de la semaine :
Alvaro Uribe pour son coup magistral contre les FARC. Il risque de rester là longtemps tant les bons exemples sont rares.

Le nullard de la semaine :
Roselyne Bachelot et sa réforme de la sécu - avec la complicité d'Eric Woerth; encore un trou en vue et les Français qui écopent la voie d'eau.

La cruche d'honneur :

Ségolène Royal, qui lit trop de romans policiers et prend Sarkozy pour Fantomas. Elle a bien mérité un abonnement à l'année dans cette chronique.

Cette semaine nous allons placer Roselyne Bachelot en outsider. Encore une bonne idée comme sa réforme de la sécu et elle dépasse Ségolène.

Vie du parti

Université d'été : les 5-6-7 septembre 2008 à Montbard (89) : pensez à réserver vos places sur le site www.université.liberale.fr

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26 MAI : vote pour le contrôle des dépenses publiques au parlement
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