Une statistique nous montre que la consommation électrique a baissé dans le monde de 2008 à 2009, et en France comme ailleurs.
En même temps François Fillon nous annonce que l'hiver sera rude parce que 12 réacteurs nucléaires sur 58 sont en rideau, et que pour la première fois depuis des décennies, nous importons de
l'électricité. Il ajoute que seules la Bretagne et PACA risquent la panne : rappelons-nous que ces deux régions sont hautement punissables, l'une pour avoir refusé l'installation d'une centrale
nucléaire dans les années 70 (mais serait-elle en rade aujourd'hui ?) et l'autre pour n'avoir pas voulu que les gorges du Verdon, magnifique massif préservé et fortement touristique, soit
traversé par une ligne à haute tension. Dans le cadre du Grenelle, Borloo avait parlé de la construction d'une centrale photovoltaïque. Le temps qu'elle soit faite, je crains que nos amis
"pacaïens" n'aient intérêt à investir dans des pull-overs.
Fillon avait aussi regretté que nous n'ayons pas construit de ligne d'acheminement dans les Pyrénées, encore un site que les écologistes voudraient bien préserver. En effet, il nous clame haut et
fort que la semaine dernière, pendant une journée, les éoliennes ibériques ont produit 53 % de l'énergie électrique consommée.
Cela appelle plusieurs réflexions :
Tout d'abord, si les citoyens du monde et de France ont commencé à faire des économies d'énergie, c'est plutôt bien, mais je crains que la sous consommation ne soit surtout due à la récession et
à la fermeture d'usines. Au fonds, c'est cela que souhaitent les ayatollahs de l'écologisme : la décroissance permanente. A voir grossir le flot des chômeurs et s'installer durablement de
plus en plus de pauvreté dans les pays dits "riches" nous avons maintenant une petite idée de ce que les adeptes du mal nommé "développement durable" nous promettent comme lendemains qui
déchantent. Rappelons-leur rapidement que pauvreté et écologie sont incompatibles. Quand on a l'estomac vide et qu'on ne sait pas où dormir, savoir si l'on se chauffe écologiquement ou si la
nourriture qu'on trouve ne vient pas de l'agriculture intentive et pesticidée est vraiment le dernier des soucis.
Ensuite, sur le fait que nous ayons perdu l'indépendance énergétique dont nous étions si fiers. Récemment encore j'entendais dire qu'il n'y avait pas urgence à remplacer nos centrales
vieillissantes, qu'elles pouvaient encore durer 20 ans. Sur ce nous avons démantelé Superpheonix et cessé de travailler sur les surgénérateurs. Nous avons entamé la construction de l'EPR en
France et en Finlande, hélas les travaux ont pris du retard pour au moins 3 raisons :
- la lenteur des nucléaristes finlandais qui font traîner les dossiers techniques (or Areva veut valider les données sur le site finlandais en même temps qu'en France afin de ne pas multiplier
par deux les études, et c'est parfaitement logique)
- un problème de conception des systèmes de contrôle
- l'activisme impuni de Greenpeace
Or il s'avère que nous avons besoin d'urgence de centrales de remplacement.
Nous avons aussi besoin d'urgence de retravailler sur les centrales à neutrons rapides qui représentent l'avenir et ne produisent pas de plutonium. Superphoenix fonctionnait. Les problèmes
techniques étaient surmontables.
Enfin, la remarque sur l'Espagne m'inquiète. J'ai la vague impression que l'on se moque de nous et que cette histoire de manque d'électricité est de la poudre aux yeux pour nous faire ingurgiter
le programme éolien, une vraie pompe à fric pour certains profiteurs de l'économie verte. Or, je rappelle que l'Espagne n'est pas la France. C'est un pays très peu dense en population, dont le
centre, la Manche, est un plateau aride et battu par les vents. Ceux qui ont lu Don Quichotte savent qu'il n'y poussait que des moulins. Il était logique de les remplacer par des éoliennes. Le
fameux jour que cite monsieur Fillon, il y a eu beaucoup de vent et il ne faisait pas froid (donc pas de chauffage ou très peu, mais pas de clim non plus). L'Espagne a encore beaucoup de
centrales au charbon, fuel ou gaz naturel (preque 50% de la production électrique). Il est logique que lorsque la demande est faible et qu'il y a du vent, elle privilégie l'éolien. Le Canada fait
la même chose. En France à part quelques zones comme le mont Ventoux ou la pointe du Raz, le vent n'est pas vraiment notre spécialité, et je n'imagine pas des éoliennes à la pointe du Raz.
L'Espagne fait aussi du solaire. Mais Séville n'est pas Dunkerque !
Si donc l'état a de la dette à dépenser, mieux vaut se remettre aux surgénérateurs plutôt qu'à l'éolien, qui n'a pas d'avenir chez nous.
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