Je l'attendais depuis un moment, voilà qui est fait. Europe 1 l'a dit ce matin : la crise du lait, tenez-vous bien, c'est comme la crise financière, c'est la faute au libéralisme. Ils ont oublié
de dire "ultra".
L'explication vaut le coup : l'an passé il y a eu un été frisquet et peu de lait, donc les prix ont grimpé. Pour faire face à la pénurie, Bruxelles a desserré les quotas afin de permettre les
exportations, donc le lait a rapporté beaucoup parce que les prix étaient élevés. Patatras, un été un peu plus chaud et trop de lait, les cours mondiaux s'effondrent, et comme entre temps les
quotas sont restés larges, comme disait Fernand Reynaud : "ça eut payé, mais ça paye plus".
Ce qui me surprend c'est qu'on n'ait pas mis ça sur le compte du réchauffement climatique. Ils n'y ont pas encore pensé.
Conclusion : faut réglementer de nouveau ! Comme pour les banques ! Comme si la réglementation du crédit et celle de la PAC avaient un jour été hors du coup. La preuve d'ailleurs, en lisant
l'explication, que ce ne sont pas les paysans qui décident quelle quantité de lait et à quel prix il faut le vendre, mais bien les fonctionnaires européens qui n'ont jamais vu une
vache, et qui croient que le lait pousse directement dans des packs cartonnés.
Avant la PAC les agriculteurs et éleveurs avaient de bonnes et de mauvaises années. L'exploitant sérieux en était suffisamment avisé pour profiter des bonnes années afin d'investir pour faire
face aux muavaises. C'est aussi comme ça que devraient fonctionner les entreprises et ce qui fait tourner l'économie, quand l'état ne s'en mêle pas.
Avec la PAC il n'y a plus ni bonnes ni mauvaises années. Le résultat c'est que le consommateur paie toujours cher, y compris en période de crise, ce qui ne fait qu'aggraver ses problèmes.
Bien entendu revenir à une économie non dirigée implique que l'état laisse suffisamment de profit à l'exploitant lorsqu'il fait une bonne année. S'il lui prend presque tout ce qu'il gagne, comme
c'est le cas aujourd'hui pour les petites entreprises, il ne peut ni thésauriser ni investir. Au premier coup dur c'est la faillite.
En gros, l'économie française planifiée c'est : "tu gagnes, c'est pour l'état, tu perds, c'est pour ta pomme."
Est-ce que quelqu'un pourrait sérieusement, sans se tordre de rire, me faire gober que ça ressemble à du libéralisme?
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