Il est amusant de voir que c'est le plus libéral des Européens - Gordon Brown - qui a suggéré le plan de sauvetage adopté par l'UE et qui a rassuré le monde de la finance.
Pour faire simple, l'état cautionne les prêts inter-bancaires mais fait payer le service. Au lieu que les banques se prêtent entre elles, elles passeront par un intermédiaire public qui sera rémunéré pour ça. Evidemment ce ne sera pas obligatoire, et ne sera utilisé que sur demande des établissements financiers pour couvrir des besoins ponctuels de liquidités. D'autre part il y aura des conditions précises pour cautionner ces prêts. Les 320 milliards d'euros provisionnés par la France dans ce but devraient donc n'être que peu utilisés, mais le but est de rassurer les banquiers... et les déposants.
Une autre proposition passée inaperçue est pourtant très importante : l'UE va réviser le plan comptable, actuellement mal adapté au métier des banques. Le but : éviter à l'avenir les dérives auxquelles nous venons d'assister.
Les soubresauts de l'économie de marché ne devraient pas nous empêcher de voir que - malgré les dégâts qu'elles font - les crises financières ne sont que des signes d'évolution d'un système économique. Les réglementations mises en place doivent évoluer comme l'économie évolue, sous peine d'avoir des retournements brutaux comme celui que nous subissons. Il ne faudrait pas pour autant céder aux sirènes du collectivisme : rappelons-nous que partout où le communisme a sévi, il n'y a pas eu de crise économique car il n'y avait pas d'économie du tout, mais une pauvreté persistante - sauf pour les cadres du Parti unique - et une liberté inexistante. Le désastre n'était pas qu'économique, il était surtout humain.
Cela dit ne crions pas victoire : le marché financier se calme, le plan Paulson va être révisé pour se rapprocher de la ligne européenne, plus pragmatique, mais après la crise financière nous ne couperons pas à la crise économique. Déjà le bâtiment est en berne. C'est un indicateur important. Or, avec notre dette publique et notre croissance minable, nous sommes fort mal placés pour résister à la grosse dépression qui est en train de nous tomber dessus. Pas question de privatiser quoi que ce soit pour rembourser la dette dans un marché aussi exangue. L'urgence est aux réformes, mais il n'y a plus de marge de manoeuvre. Dans ce contexte, tant le Grenelle de l'environnement et son cortège de taxes, que le financement scandaleux du RSA tombent au pire moment et devraient réellement être remis aux calendes grecques.
Or que fait l'Elysée? Elle augmente son budget de fonctionnement. Bravo pour l'exemple.
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