Dimanche 31 août 2008
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Après mon coup de gueule sur les nouveaux prélèvements, j'aimerais tout de même revenir sérieusement sur la proposition de Martin Hirsch, qui n'est pas totalement idiote.
Le RMI est une trappe à pauvreté, cela nous le savons depuis longtemps. Une fois qu'on y est, on y reste. Le nombre de "bénéficiaires" a explosé depuis sa création. Or il faut bien admettre que -
comme le fonds de solidarité vieillesse - cette "largesse" étatique qui coûte une fortune au contribuable ne permet pas de vivre décemment, loin de là.
Un RMiste ne peut en aucun cas payer un loyer : il lui faut donc une aide au logement.
Un RMiste ne peut payer d'études à ses enfants : il lui faut une aide pour la rentrée scolaire, une aide pour laire garder les plus jeunes (crèche) s'il recherche activement un emploi, une aide
pour les soins car il ne peut pas payer de mutuelle santé...
Mais surtout : Un RMiste n'a pas le droit de travailler, même à temps partiel.
Donc s'il veut survivre il ne lui reste que la solution du travail au noir (j'exclus évidemment la délinquance qui n'est pas dans les moeurs de tout le monde) ou la mendicité.
Martin Hirsch ne fait donc que prendre cet élément en compte et propose ce que je dis depuis toujours : il faut laisser les RMistes travailler et faire en sorte qu'ils gagnent toujours plus en
travaillant qu'en restant à la maison! Une suppression progressive du RMI jusqu'à ce que la personne arrive un peu en deça du SMIC (puisque SMIC il y a ) est la seule solution.
Malheureusement les ministres ont une manie : ils ne savent pas faire simple! Ce qui devrait être une mesure facile à prendre - nous ne manquons pas de brillants polytechniciens pour écrire une
équation de diminution du RMI en fonction des revenus déclarés - est devenu une usine à gaz impliquant du personnel pour calculer , accompagner et contrôler. Une mesure qui aurait dû
s'autofinancer devient une mesure coûteuse.
Pourquoi doit-elle s'autofinancer? Tout simplement parce que toute diminution du RMI diminue la charge de l'état donc du contribuable. Dans un cas c'est le RMI complet jusqu'à l'âge de la
retraite puis le fonds de solidarité, dans l'autre cas c'est un RMI partiel jusqu'à ce que la personne s'en sorte seule. Cela peut être très variable selon les gens, mais même s'il faut assister
à vie tous les RMistes actuels pour moins cher qu'aujourd'hui, où est le problème?
Encore que parmi les "bénéficiaires" il y a sans doute un peu de ménage à faire, ce qui serait sûrement une économie plus substantielle qu'on ne le dit. Mais nous admettrons ici que tous les
RMistes sont réellement soit des Français soit des immigrés en situation régulière ayant perdu leur emploi et épuisé leurs droits d'allocation chômage, et que les enfants qu'ils déclarent ne sont
pas ceux de la 2e ou 3e concubine!
Cette mesure profiterait certainement davantage aux nouveaux RMistes qu'aux anciens, en leur évitant de sombrer. Ceux ci ne sont pas désoeuvrés depuis assez longtemps pour avoir perdu l'habitude
de se lever le matin, de se préparer, d'aller travailler, et de supporter les contraintes sociales de la vie active. Pour les autres il est évident que des mesures d'accompagnement sont
nécessaires. Mais pourquoi ne pas profiter des économies réalisées sur le RMI de ceux qui s'en sortent, pour proposer de telles mesures, qui, elles, devront être financées?
En revanche, faire financer ce plan par les entreprises (intéressement), c'est exactement vouloir son échec. Car qui d'autre que les entreprises peut proposer du travail rémunéré à des
ex-RMistes sans peser sur les comptes publics? Si elles doivent être taxées pour ça, elles auront moins de ressources pour embaucher, et surtout, elles ne seront guère motivées, à force de vivre
dans un environnement fiscal aussi instable, et dont l'instabilité penche invariablement du mauvais côté. Quant à un financement sur le capital, c'est encore pire, car c'est un frein à
l'investissement, et un encouragement à envoyer son capital au delà de la frontière!
Par Christiane Chavane
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Publié dans : Economie
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