PARTI LIBERAL DEMOCRATE
Notre président a parfois des idées fulgurantes qui frisent la politique du café du commerce. Certes cela nous arrive à tous, mais au moins quand on nous dit que c'est idiot, nous ne nous
entêtons pas. L'intérêt de lancer des yaka, fokon, c'est que ce sont de superbes effets d'annonce, parfois séduisants au premier abord, et qu'on n'a pas besoin de prendre la peine d'en étudier
les conséquences.
Hélas, notre président ne se contente pas de les lancer, il passe à l'acte. On aimerait mieux qu'il passe à l'acte sur les nombreuses réformes dont nous avons besoin et qui ont été enterrées sans
fleurs ni couronnes, ou bricolées à la marge pour faire croire que l'on faisait quelque chose.
Ainsi en est-il de cette nouvelle lubie qui est la règle des 3 tiers : un tiers du profit pour les investissements, un tiers pour les actionnaires et un tiers pour les salariés.
Comme si toutes les entreprises étaient logées à la même enseigne, leurs besoins identiques, les salariés occupant des fonctions immuables, les investissements du même ordre, la répartition des
actionnaires figée dans le temps.
Il aurait déjà dû préciser que cette règle ne concerne que les profits restant après le passage de l'IS, des taxes variées, et des charges sociales monstrueuses assises sur les salaires. Un grand
tiers pour l'état, trois petits tiers pour l'entreprise.
Personne n'a semble-t-il eu l'idée dans son entourage (ou bien il n'écoute personne) de lui rappeler que l'entreprise est constituée d'un capital appartenant à des actionnaires qui ont bien voulu
prendre le risque d'y investir leur argent. Risque d'autant plus mesurable que la valeur boursière des entreprises a chuté de 40 à 60 % avec la crise. La moindre des choses est donc de ne pas
priver de dividendes ceux qui ont ainsi vu fondre leur épargne alors que l'entreprise est en bénéfices. A moins qu'on ne veuille définitivement faire fuir les actionnaires, donc se priver
d'investisseurs. Il est vital aussi pour l'entreprise de conserver sa capacité d'investissement, car si en ce moment les affaires sont en berne, il faudra être prêt au moment de la reprise.
Une PME en plein développement ne va pas aliéner sa croissance en rémunérant les actionnaires : elle privilégie les investissements. Du reste les actions (ou parts dans ce cas là) ne sont pas
nécessairement cotées en Bourse, donc les associés ont intérêt à valoriser le capital plutôt que toucher des dividendes.
Tout ceci se décide en Assemblée Générale, et seul le pilote, c'est à dire le chef d'entreprise, est à même de juger des besoins de financement de sa société et de la façon dont il faut ménager
les actionnaires.
Quant aux salariés, rappelons qu'ils sont engagés dans l'entreprise avec un contrat de travail prévoyant un salaire négocié. Les augmentations de salaire se rediscutent chaque année. Les grandes
entreprises prévoient aussi un intéressement aux résultats destiné à motiver le salarié. Mais le salarié ne prend pas de risque : sa paie sera la même que l'entreprise aille bien ou mal. Elle
n'est pas amputée les années de déficit. Si l'entreprise va très mal ils craignent évidemment le chômage, mais l'entrepreneur n'a pas pour but de faire faillite, en principe. Et si c'est le cas,
les actionnaires perdent tout. Ajoutons que dans les PME c'est d'ailleurs souvent l'argent du patron qui est investi et qui risque de disparaître en cas de pépin. Ce n'est donc pas à Monsieur
Sarkozy de dire à ces patrons là ce qu'ils doivent faire de leur bénéfice.
Cette règle des trois tiers n'a donc aucun sens. Espérons que nos députés ne seront pas assez idiots pour voter ça parce que ce serait catastrophique pour nos entreprises. Evidemment c'est Total
et ses 14 milliards qui est visé, mais les dommages collatéraux risquent d'être dramatiques. Quant à Total, si nous voulons qu'ils aillent s'installer dans un "paradis fiscal" version Sarko,
c'est comme ça qu'il faut s'y prendre.
Roseline Bachelot, avec sa grippe cochonne elle commence à nous gonfler grave !
La cruche d'honneur :
Besancenot qui se prend pour Spiderman.
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