Jeudi 5 novembre 2009
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Puisque le gouvernement a cru bon de lancer un tel débat, et souhaite même l'étendre à l'école, il est utile de rappeler quelques vérités politiquement incorrectes.
Je ne vois pas l'utilité d'un tel débat. Nulle part au monde l'identité nationale est un concept artistique dont on peut débattre. A mon avis la chose est très simple et non négociable, et si ce
n'est pas le cas c'est que nous marchons sur la tête.
Je relève plusieurs cas :
1) nous sommes Français de souche et nous aimons notre pays, nous attendons en retour un minimum de respect de la part des autorités que nous avons nous mêmes élues, et de la part des
non-Français de souche qui résident ici.
2) nous sommes Français naturalisés et nous devons REMERCIER le pays d'accueil de cet honneur, et être plus Français que nature.
3) nous ne sommes pas Français, le pays nous plaît, nous souhaitons y vivre et nous RESPECTONS ses lois, ses institutions, et ses HABITANTS
4) le pays ne nous plaît pas, nous DEGAGEONS en vitesse et sans faire de vagues
5) dernier cas, le Français de souche qui n'aime pas la France ou le naturalisé malgré lui : il peut s'en aller et demander une autre nationalité ailleurs, et RENONCER à la nationalité Française
(il suffit de ne pas renouveler sa carte d'identité).
Tout le reste me semble être du domaine de la littérature, et ne peut servir qu'à alimenter les haines.
Le débat s'étend aussi aux symboles. Pas plus que le sentiment d'être Français ou pas, les symboles ne sont négociables. On peut avoir son avis sur les paroles de la Marseillaise ou la couleur du
drapeau, mais nous devons les respecter en tant que symboles de la France, acquis au long de notre histoire et souvent au prix du sang des Français. Il ne s'agit pas d'élucubrations issues d'un
brain storming bien arrosé chez des publicitaires cherchant à vendre la maison France. A plus forte raison, les étrangers vivant en France ou ailleurs n'ont pas à donner leur point de vue
là-dessus.
Quant-à la laïcité, en quoi est-ce un symbole ? Il y a en France la liberté de cultes, et l'église ne prend pas part aux décisions politiques. Cela nous va. La laïcité n'est pas un culte et ne
doit pas en tenir lieu. Seuls les marxistes vénèrent assez l'état pour prier Sainte-Laïcité.
Une précision concernant la phrase "nous aimons notre pays". Martine Aubry ne veut pas de débat parce que - je la cite - "l'identité de la France n'est pas religieuse, ethnique ou culturelle,
c'est l'appartenance à des valeurs communes". Sans rire? Et quelles valeurs communes si ce n'est justement l'histoire, la culture, un certain art de vivre, dans un pays où les intellectuels ont
longtemps fait rayonner la France dans le monde ? On n'aime pas la France pour ses services publics, ses "droits à" et ses passe-droits, mais pour justement cette liberté de penser, cette
ingéniosité, cette façon de vivre issue d'une tradition qui prend ses racines très loin dans l'antiquité greco-latine et qui a évolué au fil du temps pour faire ce que nous sommes. Avec
évidemment l'apport d'immigrés de toute l'Europe, puis d'Asie, qui n'ont jamais fait d'histoire pour s'assimiler, jamais parlé d'identité, jamais remis en cause notre civilisation, mais qui nous
ont amené une part de leur propre culture. Un enrichissement et non un appauvrissement, puisque nous avons échangé au bénéfice de tous.
Je devrais plutôt dire : ce que nous étions avant que les idéologues de la soviétisation ne sapent les fondements de notre société. Un long travail de destruction qui date de l'arrivée des
premiers communistes au pouvoir après la 2e guerre mondiale, qui s'est brutalement accéléré pendant la Mitterrandie, et qui se précipite avec la Sarkozie.
En conclusion, ce débat est inutile et dangereux. Mieux vaudrait travailler à rétablir un état de droit, mais nous n'en prenons, hélas, pas le chemin.